par Olivier Beherman

Malines, le nouveau centre de la Belgique

Chaque matin et chaque soir, sur les radios francophones et flamandes c’est toujours la même rengaine à propos des embouteillages. Bouchons sur le ring de Bruxelles et sur celui d’Anvers, ralentissements sur la N16 et la N21, embarras de circulation sur la E40 près de Gand et sur la E313 près de Hasselt. Un seul nom qui soit rarement cité au quotidien : Malines. Une bénédiction pour les Malinois, mais aussi pour la ville. Malines peut non seulement se vanter d’être une ville agréable et pleine de charme, mais elle peut aussi se targuer de sa position centrale ainsi que sa facilité d’accès par la route.

L’administration communale s’applique depuis un certain temps à poursuivre l’optimalisation de la situation et de l’accessibilité de Malines, déjà excellentes à l’heure actuelle. Et cette politique porte ses fruits. Idéalement située entre Anvers et Bruxelles, Malines attire de plus en plus les entreprises qui souffrent de la dégradation et de l’accès toujours plus difficile de ces grandes villes. La hausse de l’activité locale se traduit par une croissance du nombre d’habitants. Ces dix dernières années, le nombre d’habitants à Malines a ainsi augmenté de près de 7000 âmes, pour atteindre une population comptant près de 84 000 habitants. Il vit, dans un rayon de 25 km autour de la Grand-Place de Malines plus de personnes que dans le même rayon autour de celles d’Anvers et de Bruxelles.

Pour mettre le plein potentiel de cette ville et de sa situation encore plus à profit, un plan de redéveloppement à grande échelle a été élaboré. Les abords de la gare en constituent l’axe central. Ces prochaines années, les environs de la gare de Malines vont véritablement faire peau neuve. Non seulement la ville va se voir doter d’une gare centrale flambant neuve, mais c’est également tout le quartier attenant qui va être réaménagé pour véritablement s’intégrer dans le nouveau cœur de la ville.

Le développement stratégique du vaste quartier de la gare est l’une des lignes de force du Schéma de structure d’aménagement communal de Malines. Il s’agit là du plus important projet de développement urbain de la ville de Malines pour les dix prochaines années et il lui sera réservé à cet égard une résonnance internationale indéniable. Dans la cité malinoise du XXIe siècle, on a résolument opté pour un concept de mobilité durable, une architecture audacieuse et de nouvelles solutions urbanistiques pour le quartier de la gare.

À travers l’aménagement d’une nouvelle ligne ferroviaire (Bypass) et d’une nouvelle voie de desserte pour le transport des personnes et des marchandises (Tangent), le choix de ce concept se concrétise ainsi par la création d’une gare de trains et de bus multimodale et par le réaménagement des rues et places des environs de la gare, avec à terme une adaptation au niveau de la circulation routière. La Gare de Malines se positionne ainsi comme la principale plaque tournante pour les transports publics de la ville, le sud de la province d’Anvers et le nord de la province du Brabant flamand, ainsi que pour les services de bus. Depuis la gare de Malines, c’est toute la région environnante qui s’ouvre : la ville certes, mais aussi sa périphérie et les communes qui la bordent. Elle forme donc également un arrêt important pour toutes les lignes urbaines et régionales. La nouvelle gare se trouve à quelques minutes à distance de marche du Parc Ragheno.

La nouvelle gare doit être le moteur du redéploiement de ce quartier. Au sud-est de la gare se dressera bientôt une zone mixte de logements et de bureaux qui fera entrer la Malines moyenâgeuse dans le 21e siècle. Un quartier où on doit avoir envie d’habiter ou même simplement de séjourner, mais aussi et surtout où doivent se sentir bien accueillies les entreprises et organisations confrontées ailleurs en Belgique à un manque d’espace (absence de possibilités d’extension), à une mauvaise accessibilité et à d’importantes charges financières (loyers trop élevés). Autant de restrictions qui brillent par leur absence dans la zone du Parc Ragheno.

Une partie de la zone de projet est déjà occupée. Le service centralisé de transfusion sanguine de la Croix-Rouge flamande s’est installé au Parc Ragheno en 2015. Ce projet marque le lancement de la réhabilitation des environs de la gare qui changera la perspective de Malines et qui braquera véritablement tous les projecteurs sur la ville dans un avenir proche.

Dans le cadre du développement de la zone de projet, la ville de Malines a décidé de réaliser un projet durable, sur une base économiquement rentable, responsable sur le plan social et sociétal et dont l’impact écologique sur l’environnement est minime. C’est non sans ambition et fermement encadré par ces conditions essentielles que le Groupe Beherman lance aujourd’hui dans cette zone son deuxième projet, « Bel M », lequel fait suite au projet « Pure M ».

BEL M

Le projet « Bel M » se situe dans le quartier du Parc Ragheno, actuellement le premier à entrer en ligne de compte pour un développement. Le terrain se situe tout juste au sud du ring intérieur de Malines à deux pas de la Gare Centrale de Malines, idéalement situé entre les rues Bautersemstraat, Motstraat et Hanswijkvaart. Côté ouest, la parcelle est délimitée par le canal Louvain-Dyle.

Dans cette même zone de développement, le Groupe Beherman a réalisé l’an dernier le bâtiment du service centralisé de transfusion sanguine de la Croix-Rouge flamande. Le développement de bureaux de « Pure M », d’après un projet de Jaspers & Eyers, est également prévu dans cette zone de planification.

« Bel M » est un plan signé DDR Architects qui prévoit la réalisation d’un complexe de bâtiments multifonctionnels contemporains, qui comprendra notamment des bureaux, des parkings et des appartements, le tout avec des lignes douces et une agréable harmonie de couleurs. Il répond non seulement aux besoins d’espaces de bureaux durables et flexibles, mais il offre aussi une solution au problème récurrent de ce quartier, à savoir le manque croissant de places de stationnement. « Bel M » répond en outre une fois encore au souhait de nombreuses personnes de pouvoir vivre au bord de l’eau, sur les rives du canal.

Car, c’est désormais un Flamand sur deux qui travaille dans un immeuble de bureaux. Les possibilités de bureaux modernes et les exigences qui y sont associées ont évolué rapidement à mesure de l’évolution de la société, de la technologie et de l’organisation. Il est également extrêmement important que les personnes qui travaillent dans des bureaux se sentent à l’aise, que les espaces de travail soient confortables et que les personnes y fassent véritablement preuve d’activisme (dans leur domaine également). « Bel M » s’emploie à satisfaire à ces exigences.

Si quelque chose a changé ces dernières années, c’est bien le lieu de travail de l’employé de bureau. D’un espace de réunion fermé à une vaste salle de conférence, d’un espace de réunion ouvert à une substantielle salle de réunion, d’espaces de travail flexibles à des lieux de travail fixes pour les personnes, de lieux de travail variables sans espace de rangement à un lieu de travail entouré d’armoires à dossiers. L’architecte se sent de plus en plus contraint de concilier le dedans et le dehors. Déjà parce que les évolutions de la société au niveau de la mobilité et de l’accessibilité l’y obligent. Les développements au niveau de l’organisation concernent par exemple la flexibilisation de processus de production et de développements techniques et créent, de surcroît, de nouvelles possibilités permettant de répondre aux développements susmentionnés. À travers ces développements, il sera possible de travailler en étant de moins en moins dépendant du temps et du lieu. Il demeure également élémentaire qu’un bon emplacement de bureaux se distingue par sa facilité d’accès par vélo ou vélomoteur, par les transports publics et par la voiture.

Dans la zone mentionnée plus haut, l’emplacement de « Bel M » se distingue très nettement. Et d’un point de vue architectonique, le bâtiment sera, de fait, construit en unités de bureaux flexibles disposant à l’arrière d’un parking à plusieurs étages dissimulé en grande partie dans l’immeuble de bureaux. Tous deux sont flanqués, du côté du canal, d’un immeuble à appartements qui propose plusieurs types de logements, avec au rez-de-chaussée de l’espace pour de l’horeca de petite envergure et/ou pour des professions libérales, une association qui offre également la diversité nécessaire à un tel développement à grande échelle.

Description de l’architecture en termes simples

ENSEMBLE

Présence de différentes fonctions complémentaires, permettant l’interaction entre les différentes entités architecturales qui forment un environnement riche et passionnant. Teinté de vert et de bleu, grâce à une ceinture de verdure (PCA de la zone de jardin non bâtie) et d’eau (fossé de drainage et canal).

Typologie « Motstraat » intégrée au niveau du domaine public qui crée un plan de rues équilibré dans la Motstraat. D’un point de vue morphologique, elle s’intègre parfaitement dans les bâtiments environnants, avec une croissance volumétrique en direction du canal et du cœur du projet, à savoir la plaine qui s’étend entre les trois nouveaux bâtiments. Dernière phase – achèvement de la partie « accès par l’ouest via le canal » du Parc Ragheno.

BUREAUX

Une combinaison et un jeu entre coins arrondis, entailles et saillies en forme de cercle caractérisent la mise en forme du plan.

En introduisant des arrondis aux sections d’entrée et sur les terrasses à différents endroits, la façade s’ouvre un peu partout sur l’environnement, afin d’une part, de garantir une communication maximale (interaction sociale) et d’autre part, pour mettre en relief la lisibilité/intelligibilité de l’endroit. La frontière entre l’intérieur et l’extérieur est floue et les façades donnent l’impression de s’étendre à l’infini.

Les courbes lisses, qui remplacent les angles durs et froids qui caractérisent les immeubles de bureaux communs, donnent une continuité au bâtiment. Elles sont en harmonie avec le canal contigu et les bateaux de passage.

Au niveau de la vue, les lignes horizontales caractérisent l’aspect de la rue et accentuent le terrain long et étroit. Les éléments verticaux secondaires entre les niveaux confèrent au bâtiment une dimension humaine.

Le blanc donne un sentiment de fraîcheur et se démarque, de par sa neutralité, des couleurs environnantes, assurant ainsi au bâtiment une présence active et forte, et ce en combinaison avec de l’aluminium anodisé bronze pour renforcer l’identité propre du volume de bureaux.

Les bureaux sont idéalement orientés vers le S-O-E au profit de la lumière naturelle sur le lieu de travail / parking orienté vers le nord. Terrasses pour se détendre pendant la pause de midi, faisant pénétrer la lumière dans les volumes et du vert « à l’intérieur » du bureau.

PARKING

Organisé de façon verticale et dans l’alignement du même terrain et derrière des bureaux/ appartements, avec pour effet positif que la majeure partie est soustraite au plan de la rue. Le parking n’est pas une tour de parking autonome ou un « socle » qui semble impénétrable, ce qui contribuerait à une forme d’anonymat et à un manque de contrôle social. L’apport de places de stationnement, seulement 85 + 14 places sont nécessaires pour les nouveaux bureaux/appartements, endiguera le problème de stationnement sauvage et permettra de proposer un domaine public de qualité. Les piétons et les cyclistes seront ainsi protégés.

Zone de tension entre les éléments structurels de façade diagonaux et le flux en spirale de la circulation verticale. Les voitures et la ‘surface asphaltée’ sont masquées par le toit et ses éléments verts au profit de la vue, offrant un fabuleux spectacle de verdure depuis les bureaux/appartements et les bâtiments adjacents.

APPARTEMENTS

Jonction nette – des balises font le lien avec le canal et les bureaux et le parking. Présence affirmée grâce à l’utilisation d’étages inégaux qui se séparent en « se tortillant » pour, d’une part, former des « bacs verts » et conférer ainsi au tissu urbain un maximum de vert, et pour, d’autre part, créer un jeu d’ombre qui donne vie au bâtiment monolithique.